01 - Présentation de la démarche

Pages : 25 (Mais, me direz-vous…) - 29 (…ils avaient fait fuir mon petit poisson.) (8 fautes, 3 fautes de frappes)

Je devais vous écrire une conférence, Femme et Fiction, ce sujet, je ne savais pas par où le commencer. Vais-je parler des femmes qui écrivent la fiction, de ce que les femmes représentent, ou bien de ce que l’on écrit sur elles ? Un mixe de tout ça peut-être : ces aspects sont liés. Le problème : je ne pourrai pas démontrer une vérité, tirer des conclusions. Tout ce que je peux faire c’est présenter mon cheminement, plein de préjugés clairement repérables, sur ce sujet de sexe polémique pour lequel je soutiendrai cette modeste thèse : pour povoir écrire, les femmes ont besoin d’argent et d’un lieu à soi. Je vais alors vous raconter une fiction contenant quelque vérités : faites-en ce que vous voudrez.

J’étais là, en train de penser sur une pelouse, je regardais le reflet de l’eau libre. Là, à la ligne je pêchai une Pensée, elle était insignifiante et bonne à rejetter à l’eau. Cependant replongée dans mon esprit elle fit naître un banc d’idées, je courrus alos fort excitée. Jusqu’à ce qu’un Surveillant m’arrête, horrifié : je marchais sur la pelouse réservée aux Étudiants, ma place était sur le gravier. Je me rangeai mais perdis mon poisson.

Cette partie est un récit enchassé: d’une part la narratrice parle de son ancienne conférence mais au lieu de faire une description du processus de création elle choisit de réécrir cette conférence a posteriori sous le prisme du « lieu à soi ». Contrairement à ce que l’on attendrai d’une conférence elle n’utilise pas de rétorique à proprement parlé : plutôt elle utilise la fiction familière (sens où elle représente des situations communes) pour soutenir sa thèse. Le surveillant est alors le symbole d’un patriarcat, la pelouse : le « lieu à soi », le gravier : le lieu commun. Ici, l’idée est claire : chassée de son lieu, la narratrice perd son idée.

02 - La bibliothèque interdite d’Oxbridge

Pages : 29 (L’idée qui m’avait poussée…) - 34 (Il était temps de se frayer un chemin vers le déjeuner)

À la suite de son expulsion de la pelouse, la narratrice se sent tout de même en paix, son corps semble protégé de toute perturbation exterieure et son esprit est libre. Elle pense alors à Charles Lamb et comment il avait été débousollé par les corrections de Milton apportées à son manuscrit de Lycidos : un poême semblant immuable pour Lamb. La narratrice s’apprète alors à marcher sur ses pas. Or une pensée au sujet des manuscrits d’Esmund la traverse : elle veut savoir quels mots ont été choisits en faveur du style du XVIIème siècle et quels autres en faveur de intelligibilité. Mais à peine est-elle entrée dans la bibliothèque d’Oxbridge qu’elle en fut renvoyée. En effet ce lieu n’est accessible aux femmes que sous certaines conditions strictes impliquant toujours un homme. Elle s’énerve puis cherche un lieu où flaner. Elle est devant la chappelle où elle entends les chants de souffrance christique comme s’il étaient de paisibles sons. Elle observe le monde : les élèves qui lui paraissent vieillits et Oxbridge qu’elle compare à un musée. Elle suit ensuite une réflexion sur le financement des grands batiments, et comment la bourgeoisie commerçante et indutrielle a remplacé la noblesse dans ce rôle et comment cela a permis le développement d’Oxbridge. L’horloge sonne et les pensées irrepressible furent supendues.

03 - Repas copieux à Oxbridge

Pages : 34 (Ils ont une drôle de façon…) - 38 (…les gens cherchent leurs manteaux et leurs chapeaux.)

La narratrice change de pensée et se met à table. En rupture avec le romantisme elle veut décrire ce qui est dégusté à table et non ce qui s’y passe. Au menu : des soles avec une sauce splandide, des perdrix avec de délicieux accompagnements et un dessert qui ferait honte à tout pudding. Le vin coulait à flots.

S’ensuit alors une extase de la narratrice, sa cause n’en n’est pas claire. On peut deviner qu’elle décrit une formidable flatulence qu’elle met en regard avec le soufle provenant de l’estomac. Elle est appaisée.

Apparaît alors de manière tout à fait incongrue et absurde : un chat sans queu - absurde en est également la narration. Le chat questionne l’univers comme si quelque chose était différent. La narratice se demande alors ce qui a changé entre l’avant-guerre et aujourd’hui. Elle transpose alors la discution qu’elle a devant elle à cette époque : tout est différent. Elle supperpose alors cette transposition avec la conversation qu’elle observe et ne remarque qu’un bourdonement pour différence. Comment ce bourdonement se traduirait-il en mots ? Elle tombe alors sur le recueil de Tennyson : ses chants romantiques lui paraissent ridicules. Elle justifie alors son rire en pointant le chat : un chat plus singulier que beau.

04 - Les sentiments des poètes et la vérité

Pages : 39 (Ce déjeuner-ci, grâce à l’hospitalité de l’hôte…) - 42 (…et retrouvai mon chemin vers Fernham)

Le déjeuné se termine si tardivement qu’il est quasiment le soir. Elle aimerais ne pas quitter ce lieu, mais la douceure implacable des grilles la chasse. Elle choisit alors de se mettre en chemin vers Fernham, le lieu où elle est invitée à dîner, bien qu’elle ait plein de temps devant elle.

Sur le chemin elle fredonne les poèmes romantiques de Tennyson et Rossetti. Son corps et son esprit ne font plus qu’un, tellement ces poèmes sont puissants. Cependant, ils n’ont pas d’égal contemporain : c’est sûrement parce qu’ils font appel à des sentiments devenus communs, qui nous récomfortent. Au contraire, les poèmes modernes agitent des sentiments nouveaux, que nous craignons encore. C’est pour cette raison qu’il est plus facile de se souvenir de vers romantiques. Elle a un blanc, puis change de sujet brutalement.

Pourquoi a-t-on arrêté de fredonner la poésie à voix basse pendant les fêtes ? Est-ce à cause de la guerre ? La guerre, qui choque et met les corps à nu. La guerre, toujours soutenue par des dirigeants stupides et laids. La guerre, qui a ainsi tué l’illusion. Mais n’est-ce pas une bonne nouvelle pour la vérité ? — Elle perd le chemin de Fernham — Quelle est la différence entre la vérité et l’illusion ? Un saule, par exemple, est complètement transformé, qu’on le voie dans la brume ou en plein soleil : sa nature perceptible est différente. À cette question, elle n’a pas de réponse — elle retrouve son chemin.

05 - Dîner à Fernham

Pages : 42 (Comme j’ai déjà dit que c’était un jours d’octobre…) - 47 (…derrière le boeuf, la crème et les pruneaux ?)

Octobre. Elle nous le confirme : les feuilles tombent. Mais pourquoi donc garder cette cohérence factice dans la fiction ? Elle se frodonne le poême de Rossetti et est alors transportée jusqu’au printemps, dans le crépuscule arborrant des couleures resplandissantes. Elle entre dans le jardins de Fernham et voit une personne dans un hamac, cependant tout est formé d’ombres et elle ne peut la distinguer d’un des fantôme. Passera-t-elle à travers le hamac ? Une figure resemblant à J.H apparaît alors dans une magnifique intensitée nocturne. Soudain comme arrachée d’un rêve, elle retourne en octobre, devant un pauvre repas. Au menu : un bouillon de boeuf fade, des choux de Bruxels jaunis, des pruneaux : fruit misérable, et des biscuits bien trop secs.

Après le dîner elle se rend dans un salon en présence de Mary Seton, elle désire tellement critiquer le repas mais ne le fait pas par respect du lieu. Cependant une bonne discution nécessite un bon repas. La discution était donc banale. L’esprit créateur (Vandyck) rique de ne pas être là cette fois. Mais heureusement une amie avait une bouteille et la narratice pu alors prendre ses distances avec la discution et sous l’effet de l’alcool elle pensa à la scène de la construction intellectuelle. Dans cette métaphore elle voit les nobles et rois plein d’or, des maçons et un marché boueux qui forment les fondations d’Oxbridge. Mais où se trouve alors la force de Fernham, si ce n’est dans ses piteux pruneaux ?

06 - La faute des mères ?

Pages : 47 (Eh bien, dit Mary Seton…) - 51(…pas un pantalon pour m’éclairer jusqu’au lit, il était trop tard.)

Pour en arriver à ce repas à Fernham, des efforts phénoménaux ont été nécéssaires, explique Mary Seton, à la narratrice. Des demandes de fond et des lettres furent envoyées en nombre et des ventes de charité furent organisées. Pourtant il était bien difficile de réunir trente-mille livres pour le seul college de femme du royaume Britanique.

Était-ce la faute des mères ? Auraient-elles profitées égoïstement de leur situation pour vivre dans le luxe ? La narratrice regarde la photo de Mrs Seton, la mère de Mary, mais elle ne perçoit aucune démesure chez elle. Si les mères avaient appris les règles du commerce et avaient fait affaire à quinze ans elles auraient pu léguer leur argent et Fernham serait bien doté. Mais cette situation était irréaliste : Mrs Seton avait treize enfants. En effet, prendre le temps de s’occuper de chacun de ses bébés et faire affaire parallèlement relevais de l’impossible. Quand bien même, les femmes n’avaient pas d’opportunité de gagner de l’argent. Enfin tout gain devait invariablement finir dans les finances contrôlées par son mari, qui pourrait ensuite choisir de le donner à Oxbridge. D’où le désintéret total de Mrs Seton pou la finance. Après cette discussion avec Mary, la narratrice se replonge dans ses pensées et rentre à l’auberge. Il n’y a aucun homme pour la guider vers sa chambre.